PRESSE // Nuits musicales d'Uzès : le concert triomphal de Max-Emanuel Cencic

Le contre-ténor phare de la musique baroque a conquis son public.

Pour le concert d'ouverture du 47e festival, mardi 18 juillet, les habitués, nombreux,  des Nuits musicales ne pouvaient manquer, après avoir fait un triomphe en 2016 à Philippe Jaroussky, d'emplir la nef de la cathédrale St-Théodorit, pour découvrir le contre ténor star  de la musique baroque, Max-Emmanuel Cencic ''l'un des chanteurs les plus fascinants du monde à l'heure actuelle, qui se consacre à faire revivre et à interpréter la musique baroque''. Accompagné par l'ensemble Desmarest dont la disposition scénique avec l'orgue positif tenu par Ronan Khalil masque une partie des musiciens, Max Emmanuel Cencic avait à mettre sa voix exceptionnelle au service d'œuvres sacrées de Zelennka (1679-1745), compositeur baroque tchèque méconnu, à ''la flamboyante musique au parfum de bohême dont l'amour serait l'enfant'' (d'après Yannis François) et des airs d'opéras d'Antonio Vivaldi et Georg Friedrich Haendel.

La première partie, pas réellement aboutie au goût de certains, malgré la qualité de ces jeunes instrumentistes réunis autour de Ronan Kahlil, permettait d'attendre un final époustouflant de Max-Emmanuel Cencic. Il le fut effectivement et se termina par trois rappels d'un public en délire contenu certes mais bien compréhensible. La maturité d'une voix d'homme, aiguë, effectivement mezzo-soprano, mais affichant une tessiture d'alto, bien loin de celle supposée des castrats, donnait à ce bel canto baroque par son côté à la fois étincelant et sobre, un épanouissement mis en valeur par l'acoustique de la nef.   

Face à la  fascination actuelle suscitée par les voix masculines aiguës,  M.E. Cencic, pense qu'il s'agit d'un paradoxe : "Le contre-ténor est né au tournant des XXe et XXIe siècles, il n'a rien à voir avec l'époque baroque ! Les castrats n'existent plus, les contre-ténors sont leurs substituts, mais leur voix est une création de notre temps. J'ai toujours recherché, dans mes interprétations, le côté expressif et émotionnel plutôt que la pyrotechnie vocale. Dans le baroque, les deux aspects sont d'une importance égale." C'est ce qu'il a prouvé, s'il en avait besoin, à Uzès.

http://www.midilibre.fr/2017/07/21/uzes-nuits-musicales-une-ouverture-triomphale-de-max-emmanuel-cencic,1539361.php

Ronan Khalil