PRESSE // Maïlys de Villoutreys, une voix pour « Sinfonia en Périgord »

La jeune soprano française se produit les 28 et 29 août dans le cadre du festival de musique baroque de fin d’été. Les plaintes de la Vierge et les Saisons de Vivaldi revisitées par le compositeur mexicain Juan Marcos Antonio sont au programme.

Une voix pure mais incarnée, moelleuse, une expressivité très fine, un physique élégant : la soprano Maïlys de Villoutreys s’inscrit au nombre de ces jeunes voix que le public retrouve avec joie de concert en concert.

Comme pour beaucoup d’artistes, son été rime avec voyages de festival en festival. Récemment invitée à La Chaise-Dieu dans la Passion selon Saint-Jean de Bach, la voici les 28 et 29 août à Périgueux et dans ses environs, pour deux programmes séduisants et originaux, les plaintes de la Vierge et les Quatre Saisons.

Un florilège d’émotions

« Il pianto della madonna » ( « les plaintes de la Vierge » ), « voyage musical consacré à la figure de la Vierge, mère et femme, souffrante et croyante,s’écoute comme une traversée des sentiments éprouvés par Marie, raconte Maïlys de Villoutreys. Voici de longs mois que l’Ensemble Desmarets, dirigé par Ronan Khalil, et moi-même interprétons ce florilège de pièces de Monteverdi, Rossi, Merula… Nous l’avons même enregistré l’an dernier. Mais le reprendre devant un nouvel auditoire est toujours une aventure artistique et émotionnelle ! » Seule voix parmi les instruments, la soprano reconnaît que l’exercice requiert « une réelle endurance » mais qu’elle oublie vite la contrainte pour instaurer avec ses amis de l’Ensemble Desmarets, « une conversation où la parole circule avec cette grande liberté fondée sur la confiance et le travail approfondi en commun ».

Vivaldi, texte et musique…

Quittant Marie, Maïlys de Villoutreys se glissera, 24 heures plus tard, dans un autre univers, célébrissime et renouvelé. Célébrissime puisqu’il s’agit des Quatre Saisons de Vivaldi, ces concertos pour violon qui décrivent avec verve et virtuosité le cycle de la nature et les travaux des hommes, la chasse et l’ivresse, les orages et le grondement des chiens, les glissades sur la glace…

« On attribue – sans certitude absolue – à Vivaldi quatre sonnets pour accompagner ses concertos, explique la chanteuse. Le violoniste et chef d’orchestre Patrick Cohen Akénine, qui interprétera ces Saisons de Vivaldi avec ses Folies Françoises, a demandé au compositeur mexicain Antonio Juan-Marcos de mettre en musique ces vers très savoureux. C’est cette œuvre toute nouvelle que nous allons créer à Sinfonia, chaque sonnet précédant le concerto correspondant… »

Le souci de la déclamation

Maïlys de Villoutreys affirme que la souplesse vocale, le soin apporté à la déclamation du texte et le goût de l’improvisation qui caractérisent le répertoire contemporain lui semblent proches des exigences de l’univers baroque qu’elle connaît si bien. « Antonio Juan-Marcos a voulu traduire de manière très sensorielle, très intuitive, le climat décrit par Vivaldi. Il joue sur des effets vocaux, proche de la parole parfois, il déconstruit, insiste sur les emprunts aux airs populaires… Je trouve cela à la fois intelligent et surprenant et j’ai hâte de voir comment le public réagira ! »

D’ores et déjà, la soprano est certaine que la confrontation des pièces du XVIIIe siècles avec celles du XXIe«fera entendre les unes et les autres différemment. C’est particulièrement précieux lorsqu’il s’agit d’un tel tube de la musique ».

Il n’est plus donc qu’à se laisser enivrer par « le souffle des zéphyrs jaillissant en un doux murmure » (le Printemps), effrayer par « le ciel qui tonne et fulmine et la grêle qui coupe les têtes des épis et des tiges » (l’orage de l’Été), gagner par « le plaisir d’un doux sommeil » (l’Automne). Et, enfin, « passer auprès du feu des jours calmes et contents alors que la pluie, dehors, verse à torrents » (l’Hiver)…

http://www.la-croix.com/Culture/Musique/Mailys-Villoutreys-voix-Sinfonia-Perigord-2017-08-28-1200872535

Ronan Khalil